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Les générations :litterature maghrébine de langue française

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Les générations :litterature maghrébine de langue française

مُساهمة من طرف Salah في 14/9/2009, 14:04

Les générations littéraires

Avant 1945
C'est en Algérie que la première génération se manifeste à travers des essais et des romans à thèse. Si M'Hamed Ben Rahal aurait écrit, en 1891, la première nouvelle en langue française. Le premier roman, en 1920, est de Ben Si Ahmed Bencherîf (1879-1921) et s'intitule Ahmed Ben Mostapha, Goumier. Il faut aussi citer les noms de Abedelkader Hadj Hamou (1891-1953), Chukri Khodja (1891-1967), Mohammed Ould Cheikh (1905-1938), Aly El Hammamy (1902-1949), Rabah Zenati (1877-1952), Djamila Debèche (née en 1926) et Marie-Louise-Taos Amrouche (1913-1976). Jean Amrouche (1906-1962) se détache sans conteste et donne à la littérature algérienne et maghrébine de langue française ses premiers poèmes nourris de spiritualité et de recherche des repères identitaires. On ne trouve pas l'équivalent de cette génération en Tunisie, devenue protectorat français par le traité du Bardo en 1881 et par la convention de La Marsa en 1883, ni au Maroc, devenu protectorat français en 1912. Ces deux pays recouvrant leur indépendance en mars 1956, leur histoire coloniale est beaucoup plus brève que celle de l'Algérie.

Après 1945

En Kabylie, trois écrivains inscrivent leur région au cœur d'une nation à naître et d'un pays en souffrance ; Malek Ouary, mais surtout Mouloud Feraoun (1913-1962 ; Le Fils du pauvre, Les Chemins qui montent, Journal) et Mouloud Mammeri (1917-1989 ; La Colline oubliée, Le Sommeil du juste).

A l'Ouest, Mohammed Dib (né en 1920) fait vivre avec réalisme des personnages du petit peuple des villes et des campagnes dans sa trilogie, Algérie. Conjointement, son texte est habité par un verbe poétique où lyrisme et inspiration ancestrale s'unissent dans un rêve d'avenir : L'Incendie (publié pendant l'été de 1954) est une métaphore prémonitoire.

Malek Haddad (1927-1978) et Kateb Yacine (1929-1989), à l'Est du pays, achèvent de donner toute sa dimension spatiale au roman algérien. Nedjma, roman où la quête du passé, l'amour et le mythe de l'origine favorisent, par une écriture nouvelle, la recherche d'un Maghreb qui doit surgir des chaos de l'histoire. Assia Djebar (née en 1936), enfin, entame son itinéraire de création par un récit très controversé avec La Soif.

Sensiblement à la même période, Albert Memmi (né en 1920) inaugure l'expression littéraire tunisienne en langue française par son roman autobiographique, La Statue de sel, et son essai, Portrait du colonisé. Au Maroc, Ahmed Sefrioui publie Le Chapelet d'ambre (1949). Mais c'est Driss Chraïbi (né en 1926) qui s'impose avec éclat avec son autobiographie iconoclaste, Le Passé simple (1954), où il enfreint l'obligation de réserve tacite sur les tares de la société colonisée.

Tous ces auteurs qui sont reconnus aujourd'hui comme les classiques maghrébins partagent deux préoccupations et les ont traduites, différemment, dans leurs fictions : la description sensible de communautés méconnues ou mises à l'écart ; l'affirmation d'une humanité autre avec laquelle le colon doit désormais compter. Quant aux œuvres adaptées du patrimoine traditionnel, elles répondent à ce même souci d'affirmer une existence culturelle sans lien avec la domination (pour l'Algérie, Saadeddine Bencheneb, 1907-1968, Mostefa Lacheraf, né en 1917, Mouloud Feraoun et Mouloud Mammeri ; pour le Maroc, Ahmed Sefrioui, Elisa Chimenti ; et, pour la Tunisie, Mahmoud Aslan).

Après 1962

Les indépendances, dont on pensait qu'elles mettraient un terme à l'expression littéraire en langue française, la voient au contraire non seulement perdurer et s'enrichir en Algérie, mais se déployer au Maroc et en Tunisie. En Algérie, la guerre de libération a fait exploser des expressions poétiques multiples dont la plupart s'effacent, la paix revenue. Les poètes poursuivent leur aventure solitaire en tentant le partage avec ces "citoyens de beauté" que Jean Sénac (1926-1973) veut imposer au réel par la force de ses mots. Par ses œuvres (Le Soleil sous les armes, Matinale de mon peuple, avant-corps...) et son action, il reste le soleil tenace de la poésie algérienne, jusqu'à son assassinat en août 1973 et au-delà. Il entraîne dans son sillage un poète comme Djamal Amrani, et de plus jeunes poètes comme Youcef Sebti (1943, assassiné en 1993), Rachid Boudjedra, Hamid Tibouchi, Abdelhamid Laghouati, Tahar Djaout (1954, assassiné en 1993), et tant d'autres. Malgré répression et incarcération, Bachir Hadj Ali (1920-1989) publie une œuvre poétique attentive aux différentes langues et cultures. Dans l'exil où ils ont choisi de vivre, Mohammed Dib et Jamel Eddine Bencheikh (né en 1930) écrivent. Le premier publie avec régularité romans, nouvelles, pièces de théâtre, poèmes, surprenant le lecteur par la diversité et la richesse de ses créations (dont Le Sommeil d'Eve en 1989 et Le Désert sans détour en 1993). Le second édite assez tardivement des poèmes engrangés depuis 1956 puis, coup sur coup, plusieurs recueils (dont Transparence à vif en 1990 et Alchimiques en 1991). Ici, le poème occupe tout l'espace de la création, la parole poétique étant la seule à même de délivrer des sens qu'un jour nos mémoires d'avenir pourront revisiter et traduire. La poésie resterait-elle l'expression majeure de l'exil ?

Le théâtre que Kateb Yacine a écrit avant 1962 devient son pôle principal de création en arabe dialectal. Parmi les essayistes de la guerre - dont l'Algérien d'adoption, Frantz Fanon (1925-1961)- demeure Mostefa Lacheraf, qui poursuit ses analyses exigeantes du réel. Mouloud Mammeri, présent à intervalles espacés dans l'édition littéraire (La Traversée du désert, 1982), se consacre à des recherches linguistiques et anthropologiques sur la culture berbère. Malek Haddad se tait. Assia Djebar publie plusieurs romans majeurs. D'autres s'exilent. Le climat de débat violent et passionné autour de la question de la langue et de la culture ne facilite pas l'épanouissement des talents.

Néanmoins, de nouveaux écrivains viennent enrichir ce courant littéraire et forment aujourd'hui sa troisième et même sa quatrième génération. Citons dans l'ordre de publication de leurs premières œuvres, Mourad Bourboune (1938 ; Le Muezzin, 1968), Rachid Boudjedra (1941) qui entre avec fracas et scandale dans le monde des lettres avec La Répudiation en 1969, Nabile Farès (1940 ; Yahia, pas de chance, 1970), Habib Tengour (1947 ; premier récit en 1978), Yamina Mechakra (1945) dont La Grotte éclatée est une des œuvres poétiques majeures sur la guerre de libération, Tahar Djaout (1954-1993 ; L'Exproprié, 1981) et ses romans corrosifs et dénonciateurs (Les Chercheurs d'or et Les Vigiles), Rabah Belamri (1946-1995) et son dernier roman Femmes sans visage (1992), Malika Mokeddem (née en 1951), qui vient de publier son troisième roman, L'Interdite (1993), enfin Nina Bouraoui (née en 1968), dont la naissance littéraire a été très remarquée, avec La Voyeuse interdite (1991). Autour de ces noms prestigieux ou en voie de consécration, gravitent, en Algérie et en France, d'autres noms d'écrivains dont la position est plus excentrée, comme c'est le cas de Nadia Ghalem qui édite au Canada, ou celui de Leïla Sebbar (née en 1940) qui, de Fatima, ou Les Algériennes au square (1981) à son dernier récit, Le Silence des rives (1993), occupe une place tout à fait particulière au cœur d'un triangle qui relie littérature française, littérature algérienne et littérature migrante. Le théâtre, parent pauvre, est marqué par Fatima Gallaire.

Tous ces écrivains se sont imposés d'emblée par une œuvre forte (c'est le cas de Rachid Boudjedra, par exemple, et de Yamina Mechakra) ou progressivement, en passant de récits assez proches du souvenir d'enfance à des fictions majeures (c'est le cas de Rabah Belamri ou de Malika Mokeddem). Leurs regards sur le réel, décapants et incisifs, leur pouvoir de suggestion et de transposition sont la preuve jamais démentie du pouvoir de lucidité qui caractérise la littérature, annonciatrice des maux qui guettent une société obsédée par son désir de recentrement sur une authenticité mythique et monolithique, la conduisant à l'expulsion de toute marque d'étrangeté. C'est dire que cette littérature est un enjeu essentiel où se jouent son existence et sa reconnaissance jamais stabilisée depuis son émergence.

Au Maroc, la littérature de langue française n'offre pas du tout le même visage : elle est plutôt le fait, comme en Tunisie, de créateurs isolés qui ont choisi de s'exprimer dans cette langue, dans une position assez comparable à celle d'Adamov, de Ionesco ou d'Elsa Triolet. Ahmed Sefrioui continue à écrire et Driss Chraïbi représente le plus connu de ces écrivains avec, à son actif, une quinzaine de romans d'une grande diversité. L'intrusion de Mohammed Khair-Eddine, à l'écriture agressive et provocatrice (Agadir, 1967 ou bien Légende et vie d'Agoun Chich, 1984), et la parution de la revue Souffles dont il est le fondateur mettent brusquement les écrivains marocains, autour des années 1970, aux premiers rangs de la littérature maghrébine. Abdellatif Laâbi, qui publie en 1969 L'Œil et la nuit, et plus récemment Les Rides du lion (1989), emprisonné puis libéré, tente de rendre dans son écriture un peu de la violence du monde carcéral et devient le chef de file d'une narration poétique de l'engagement et du refus. Tahar Ben Jelloun, qui possède une notoriété désormais établie, publie en 1973 son premier récit, Harrouda. et obtient le prix Goncourt pour La Nuit sacrée, en 1987. Comme Chraïbi ou Khatibi, certains de ses récits déplacent les personnages vers d'autres espaces que le Maghreb. Abdelkebir Khatibi innovait en 1971 dans l'autobiographie en publiant La Mémoire tatouée. Plus proche de l'écriture de l'essai que de celle de la fiction, il a néanmoins fait paraître, en 1990, Un été à Stockholm. Enfin, plus récemment, Abdelhak Serhane (Messaouda, 1983) donnait un souffle nouveau au roman marocain. Du côté des femmes, on ne peut noter d'œuvres marquantes en langue française.

Le cas de la Tunisie est encore différent. En 1975, un Tunisien, Mustapha Tlili, fait paraître un roman, La Rage aux tripes. En 1979, le public commence à se familiariser avec l'écriture sophistiquée d'AbdeIwahab Meddeb qui publie Talismano, et définit sa position comme celle de l'"entre-deux", irrécupérable tant par le "nationalisme" que le "fondamentalisme".

Dans la même période, des poètes - qui continuent à publier- éditent leurs premiers recueils : Hedi Bouraoui dès 1966, Salah Garmadi et Moncef Ghachem en 1970, Majid El Houssi en 1972, Sophie El Goulli en 1973, Chems Nadir (pseudonyme de M. Aziza) en 1978. Avec des écrivains plus nombreux, la littérature tunisienne se fait alors une place dans le champ maghrébin de langue française : elle rejoint les préoccupations des autres auteurs avec une réflexion et des réalisations originales dans la recherche d'un syncrétisme ou d'un ajustement entre les deux cultures et les deux langues, sans doute parce que le bilinguisme français-arabe y est mieux vécu parce que mieux maîtrisé.

Il nous faut noter la création tout à fait originale, dans le conte et le récit filmique de Nacer Khemir (dont on connaît L'Ogresse en 1978) qui, entre rêve et histoire, et par la magie du verbe, parvient à donner existence à un pays jamais advenu. D'autres écrivains viennent encore enrichir cette littérature tunisienne, tels Tahar Bekri ou Amina Saïd, auteurs de plusieurs recueils de poèmes. Hélé Béji, déjà connue pour un essai, publie un récit autobiographique, L'Œil du jour (1985), et plus récemment un roman. Fawzi Mellah (également dramaturge, comme Hedi Bouraoui) fait paraître coup sur coup deux romans au rythme enlevé (dont Le Conclave des pleureuses, 1987). Enfin, un très beau roman, Chronique frontalière, de Emna Bel Haj Yahia (1991) évoque l'inaccomplissement des vies féminines ; d'une parole en sourdine, plus corrosive que bien des cris.

Des écrivains maghrébins d'origine juive ont choisi d'être citoyens d'un des trois pays du Maghreb après l'indépendance et, au début des années 1980, ont publié une première œuvre, suivie d'autres : le Marocain Amran El Maleh (Parcours immobile, 1980), le Tunisien Gilbert Naccache (Cristal, 1982), l'Algérienne Myriam Ben (Ainsi naquit un homme, 1982).



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